Si on vous demandait ce que veut dire le sigle HLM, sauriez-vous nous répondre du tac au tac qu’il s’agit d’une habitation à loyer modéré ? Sauriez-vous également nous préciser que le logement social est accessible à 70 % des personnes en France ? Non ? Nous non plus, alors nous avons rencontré Amandine Lafitte pour en parler et tordre le cou à quelques préjugés.
Amandine Lafitte : directrice de l'Union pour l'Habitat Social en Normandie
Pour chaque métier, vous trouverez une organisation qui représentera ses enjeux auprès des pouvoirs publics, des partenaires ou encore du grand public et qui sera au service de sa profession. Pour les acteurs du logement social, il s’agit de l’Union pour l’habitat social. En Normandie, Amandine Lafitte dirige cette association qui fédère 47 organismes de logement social. De quoi avoir une vision globale, travailler main dans la main et parler au nom de tous.
Au quotidien, Amandine Lafitte accompagne ses adhérents dans la mise en œuvre des politiques locales de l’habitat, tout en assurant un rôle de représentation auprès des pouvoirs publics et des collectivités. Elle apporte également un appui technique et stratégique sur les grands enjeux du logement social, notamment les transitions environnementales, l’aménagement des territoires et l’accès au logement pour tous.
Tout cela, elle ne le fait pas seule mais entourée d’une équipe pour l’accompagner au quotidien, nous parlons tout de même de 325 000 logements sociaux représentés et 550 000 habitants !
Le logement social ou HLM : entre enjeux de construction et d'amélioration du patrimoine existant
En seulement cinq ans, le nombre de demandeurs de logement social en Normandie est passé de 90 000 à 123 000. Une évolution qui démontre que le logement social constitue une réponse essentielle à de nombreuses étapes et parcours de vie, d’autant qu’il est accessible à 70 % de la population française.
Pourtant, l’offre de logements demeure insuffisante : aujourd’hui, en Normandie, on compte près de cinq demandes pour une seule attribution. Un enjeu majeur pour le territoire.
Face à cette pression croissante, les organismes œuvrent au quotidien pour développer de nouveaux logements et garantir l’accès au logement pour tous. Leur mission est essentielle : proposer des logements de qualité à des ménages qui ne peuvent se loger dignement aux prix du marché.
Au-delà de la location de logements sociaux, les organismes accompagnent également les habitants vers l’accession sociale à la propriété. Une démarche qui favorise davantage de mobilité résidentielle et ouvre la voie à l’ascension sociale pour des ménages qui, parfois, n’auraient jamais envisagé devenir propriétaires.
Loin des idées reçues, les logements HLM se distinguent aujourd’hui par leur confort, leur qualité architecturale et leurs performances, notamment en matière énergétique.
Les organismes doivent également veiller à maintenir la qualité des logements plus anciens. Cela implique de relever un autre défi majeur : celui de la réhabilitation lourde, indispensable pour adapter le parc existant aux exigences actuelles.
Et puis nous l’avons dit, le logement social est accession à 70% des habitants en France : les jeunes, les moins jeunes, les personnes solo, les familles XXL…Bref, les organismes accompagnent au quotidien ces habitants et s’assurent que leur logement est toujours bien adapté à leur situation. Cela en passe aussi par une animation permanente des résidences pour créer un véritable lien social et une entraide entre habitants.
Les organismes du logement social se sont réunis et se sont engagés ensemble dans la réhabilitation de 250 000 logements d’ici à 2050, représentant 10 milliards d’euros d’investissements. Des moyens conséquents sont donc mobilisés pour mener à bien cet objectif commun ! Sacré défi !
Et maintenant ? Bien calibrer le besoin des habitants
Vous le voyez, le logement social repose sur de nombreux enjeux. Parmi eux, 3 enjeux importants sur lesquels les organismes accompagnés par l’UHS Normandie travaillent à pied d’oeuvre :
– Le vieillissement de la population n’est un secret pour personne. Pour les organismes HLM, l’enjeu principal réside dans l’adaptation des logements afin d’accompagner cette évolution et de permettre à chacun de bien vieillir chez soi. Un exemple tout bête mais qui fait toute la différence : remplacer la baignoire par une douche !
– la Normandie est un territoire industriel depuis toujours, c’est notre ADN. Cette activité industrielle implique de pouvoir loger les salariés, y compris ceux qui ne profiteront de notre jolie région que durant quelques semaines, quelques mois, quelques années tout au plus. Les bailleurs sociaux jouent à nouveau un rôle clé dans l’accueil et l’hébergement de ces travailleurs venus d’ici ou d’ailleurs. Un exemple ? Dieppe et Cherbourg, deux secteurs en plein essor grâce, entre autre, au développement de l’activité nucléaire.
– La “grande famille” version XXL existe encore et c’est une bonne chose, mais elle cohabite désormais avec une réalité très actuelle : de plus en plus de personnes vivent seules, qu’elles soient jeunes ou plus âgées. Les séparations sont plus fréquentes et les familles monoparentales se développent également. Le besoin en logements a donc évolué en conséquence, avec une demande moindre pour les grands logements au profit de logements de plus petite taille, mieux adaptés au nombre d’occupants et plus accessibles financièrement. Les typologies de logements sont ainsi entièrement repensées par les bailleurs sociaux afin de s’adapter au plus près aux modes de vie actuels.
Pour évoquer tous ces sujets, l’UHS Normandie organise un événement le 1er juillet à Sainte-Adresse. Objectif ? Réunir les acteurs du logement social et les élus municipaux fraichement installés pour continuer à travailler ensemble sur ces enjeux qui nous concernent tous.
Pour participer c’est tout simple, il suffit de s’inscrire :
Nous, c’est déjà fait !